Accepter l’erreur afin d’apprendre, principe d’agilité

accepter l'erreur pour apprendre

Jeune élève montrant son travail

R. Doisneau

La peur de mal faire

Après avoir passé quelques années à enseigner, j’ai pu constater que le blocage principal des apprenants résidait dans la peur de se tromper. En effet, derrière une absence de participation peut se cacher la peur de commettre une erreur, qu’une société toujours plus intransigeante accepte difficilement. Aussi, notre apprenant se trouve pétrifié à l’idée d’être jugé par ses pairs ou son professeur. La charge émotionnelle qui le traverse est telle que certains sont tétanisés.

À dire vrai, nous sommes conditionnés et incités à ne pas tolérer l’erreur dès le plus jeune âge soit dans notre éducation soit dans notre scolarité. Cette dernière est ainsi associée à l’échec, au manque de compétence. C’est pourquoi il est essentiel, à mes yeux, d’instaurer dans sa classe le respect des uns et des autres ainsi qu’un climat de bienveillance. Ainsi, chacun peut s’épanouir à son rythme et se tromper à discrétion. Le droit à l’erreur est donc indispensable à l’apprentissage. Il est même la clé de l’amélioration continue.

L’agilité pour changer les comportements dans l’enseignement

L’approche Agile met l’humain au centre de l’organisation et des projets. Au lieu de changer les processus en place, elle se centre sur le changement de valeurs et comportements. Ainsi, dans le cadre de l’enseignement, les équipes pédagogiques comme les apprenants, vont apprendre à modifier certains comportements. Si vous prenez le cadre SCRUM, l’erreur est perçue comme une source d’amélioration et non comme un échec.

Grâce à ses 3 piliers qui sont la transparence, l’inspection et l’adaptation, le cadre SCRUM permet aux équipes de s’adapter aux tentatives faites dans la réalisation d’un projet avec la possibilité de commettre des erreurs. Il favorise par conséquent l’expérimentation et la prise de risque de nos apprenants dans leur apprentissage.

Jeu d'échec pour illustrer l'erreur

Erreurs masquées

Quand les erreurs ne sont pas acceptées, elles se trouvent masquées. Aussi faut-il camoufler la trace de ce que l’on pense être un manque de savoir-faire. Or, si l’erreur n’est pas acceptée, alors la personne qui l’a commise peut ressentir un mal être comme du stress, de la honte mais aussi une perte de confiance en elle-même.

Pourquoi du stress ? Parce que si l’on se trompe, le ciel peut nous tomber sur la tête.

Pour ce qui est de la honte, elle vient de notre manque de bienveillance envers nous-mêmes. Non seulement les autres n’acceptent pas notre erreur, mais aussi nous-mêmes. Et bien souvent nous sommes bien plus durs avec nous-mêmes que les autres ne le sont avec nous.

Quant à la perte de confiance en soi, elle puise son origine dans la corrélation que nous faisons entre erreur et incompétence. Malheureusement tout ceci conduit à l’immobilisme, le blâme et le découragement. Alors comment l’erreur est-elle utilisée positivement dans les méthodes agiles?

Erreurs acceptées

Dans le meilleur des mondes agiles possibles, qui se fonde sur un cycle itératif tourné vers les solutions, l’erreur est perçue positivement. Les tentatives engendrent des erreurs. Dans ce monde-là, les individus forment des équipes apprenantes et innovantes qui prennent des risques. Puisque l’erreur devient un moyen de s’améliorer, cette dernière est transparente et davantage perçue comme un défi à relever. Ce monde agile repose ainsi sur l’hypothèse, l’erreur possible, l’inspection, l’apprentissage, l’adaptation ainsi que la nouvelle tentative.

Pour reprendre Mark Zuckerberg « C‘est en se donnant la liberté d‘échouer que l‘on parvient aux plus grandes réussites. »

Qui plus est, si vous avez lu notre article sur le Post-It dans l’apprentissage, vous vous êtes sûrement aperçus que l’erreur ouvrait la voie à l’innovation.

Échanger autour de l’erreur

Afin de réduire la charge émotionnelle face à l’erreur, je commence mes premières séances par créer avec mes apprentis un environnement de travail bienveillant. Chacun a le droit de s’exprimer et de se tromper. Personne ne juge, ni ne se moque. Je n’ai de cesse de leur rappeler qu’ils sont là pour essayer, que c’est en se trompant que l’on apprend. 

C’est en créant un climat sécurisant et bienveillant que les apprenants vont pouvoir échanger librement, autour des erreurs commises.

Rétrospective et Feedback

Les outils agiles qui me permettent de faire progresser mes apprentis en toute bienveillance sont le feedback constructif ainsi que la rétrospective.

 

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Rétrospective

La rétrospective est un rituel que l’on met en place à la fin de chaque sprint (itération) pour mettre à profit son vécu sur le sprint écoulé. Elle permet d’améliorer son organisation afin d’être plus efficace. Qui plus est, elle est un élément clé dans l’amélioration continue, rendant les équipes auto-apprenantes.

 

Lors de cette rétrospective les membres de l’équipe (les apprenants) font le point sur ce qui est à garder et les axes d’améliorations à apporter lors de la prochaine itération en privilégiant 2 ou 3 actions SMART à mener (Spécifique, Mesurable, Acceptable, Réalisable, Temporellement définie).

 

Il est important de privilégier la qualité des actions plutôt que la quantité et l’animateur, ici l’enseignant, se doit de rester neutre, à l’écoute, sans jugement. Il peut accompagner les apprenants vers la solution en les questionnant mais ne leur apporte pas la solution.

 

La rétrospective étoile de mer

 

Le feedback Constructif

 

Suite à un travail effectué, le feedback constructif permet à votre apprenant de s’améliorer. Il ne s’agit pas de jugement, mais bien d’un retour qui s’effectue à partir de faits bien concrets. Il repose sur ce qui est observable et fait état de l’impact des faits observés (sur la classe, l’équipe, la progression personnelle de l’apprenant etc.). Finalement, il propose des axes d’amélioration. Développer une culture du feedback dans sa classe est un autre moyen fondamental d’amener ses élèves à grandir, d’accepter l’erreur et de la percevoir comme faisant partie du processus normal de l’apprentissage. Il est tellement important de savoir le donner et le recevoir que nous en avons fait un module dans la formation que nous proposons de délivrer.

 

Accepter l’erreur : une qualité

 

Pour conclure, l’état d’esprit agile face à l’erreur repose sur la bienveillance envers soi et les autres. Il faut la voir comme une source d’amélioration individuelle et collective. Le droit à l’erreur requiert cependant des qualités d’empathie, d’écoute et d’humilité. En effet avoir de l’empathie permet d’accorder le droit à l’erreur à un collaborateur, un apprenant. Quant à l’humilité, elle permet de comprendre et d’accepter que tenter de s’améliorer n’est pas un fleuve tranquille.

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